Télécharger : Je te promets la liberté de Laurent Gounelle en pdf

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Extrait : 

Une douce fin d’après-midi d’automne. Les quais du Rhône s’étiraient le long du fleuve sous une légère brume, baignés de la faible
lueur du soleil déclinant. Pas un souffle de vent dans les herbes folles des terrains vagues alentour, coin de nature improbable à quelques foulées du centre. La foule était massée derrière les barrières métalliques disposées en travers du quai, à quinze
mètres de là. Carte de presse en main, Sam Brennan était parvenu à se glisser juste à côté de celle sur qui tous les yeux étaient rivés, Sybille Shirdoon, qu’il connaissait pour l’avoir interviewée dix ans plus tôt, peu après avoir été recruté par Newsweek. Il était depuis détaché en Europe pour le journal, et courait maintenant d’un pays à l’autre pour suivre les événements culturels ou faire des reportages sur des sujets de fond. Il saisissait la moindre occasion pour se rendre en France, dont il parlait la langue couramment. Cette semaine-là, l’absence d’actualité chaude l’avait conduit à Lyon pour couvrir l’événement
annuel qui attirait chaque année de plus en plus de gens des quatre coins de l’Europe. Lyon, Lugdunum du temps des Romains, la forteresse de Lugus, le dieu des lumières… C’est justement les lumières que Lyon s’apprêtait à fêter ce soir-là, comme chaque année depuis plus de cent cinquante ans. Traditionnellement, les Lyonnais disposaient de petites bougies sur le rebord de leurs fenêtres chaque 8 décembre au soir, offrant à la ville des milliers de petites lueurs oscillant dans la nuit. Les illuminations colorées des monuments accentuaient encore l’atmosphère si particulière dans laquelle la ville était plongée ce soir-là. Il avait reçu quelques heures plus tôt un appel de Jennifer, l’assistante de la rédaction. — Sam, tu es toujours à Lyon ? — Oui, bien sûr. — Figure-toi que Sybille Shirdoon aussi. — Shirdoon est à Lyon ? — J’ai eu l’info par une copine de CNN, qui a eu l’exclusivité pour la télé. Sybille Shirdoon vient
assister à l’émersion du bateau-restaurant sur lequel elle a commencé sa carrière. L’hélicoptère de CNN va l’emmener sur les lieux à 17 heures, sur les quais. — Comment ça, « l’émersion » ? — Apparemment, le bateau était au fond du Rhône depuis cinquante ans, mais l’agglomération a
décidé de curer le fleuve, alors ils vont le sortir de là. La mairie a eu l’idée de prévenir l’attachée de presse de Shirdoon, qui a décidé de venir y assister malgré l’avis de son médecin. — OK, j’y vais. — Avec un peu de chance, tu seras le seul journaliste de presse écrite. On avait installé la vieille dame dans un très grand fauteuil de style Louis XV, recouvert de
velours rouge, revisité par Starck. Trônant ainsi sur le quai, elle avait une posture royale. Son grand âge et son affaiblissement physique n’enlevaient rien à son aura, au charisme incroyable qui se dégageait de sa personne. Longtemps considérée comme l’une des femmes les plus influentes au monde, Sybille Shirdoon
avait eu un parcours incroyable, une vie hors du commun. Métisse de mère française et de père éthiopien de Djibouti, elle s’était fait connaître comme chanteuse, avait joui d’une carrière internationale avant de devenir actrice de cinéma. Portée aux nues dans le monde entier, Hollywood à ses pieds, elle avait pourtant été une star pas comme les autres. Ne se prenant jamais au sérieux, elle s’était toujours montrée très libre vis-à-vis de tout : des producteurs, des journalistes, de son image, et même de son succès. D’ailleurs, n’avait-elle pas décidé un jour, pourtant au zénith de sa carrière, de tout arrêter pour se consacrer à la création d’une fondation destinée à l’éducation des enfants dans le monde ? Une fondation, fruit d’un véritable engagement, pas comme celles créées par des stars utilisant l’humanitaire pour faire parler d’elles, ou parcourant la planète à bord de leurs jets privés ultrapolluants pour dénoncer le réchauffement climatique.
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