Télécharger : Ce que penser veut dire – Penser avec Goethe, Heidegger, Rousseau, Schmitt, Péguy, Arendt en pdf

Télécharger : Ce que penser veut dire – Penser avec Goethe, Heidegger, Rousseau, Schmitt, Péguy, Arendt en pdf 

Avant-propos :

« Penser à » et « penser » tout court ne sont pas la même chose. « Penser à »,
c’est d’abord simplement ne pas oublier : penser à ce que l’on doit faire le lendemain, penser à faire ses courses, à ne pas manquer un rendez-vous, à aller chercher les enfants à la sortie de l’école. C’est aussi penser au film qu’on vient de voir, à ce qu’on doit faire la semaine prochaine, évoquer des souvenirs, se fixer des projets, caresser des fantasmes. On pense à ce qui nous traverse l’esprit. Penser tout court est un travail. C’est le travail de la pensée : penser la nature de l’homme, penser les lois de l’univers, penser l’essence du politique, le sens de la technique, le sens du moment historique, le sens de notre présence au monde. Ce travail de la pensée n’est pas seulement une affaire de facultés cognitives.
C’est aussi une affaire d’intuition, de « physiognomonie » historique, de capacité d’interprétation. Qu’on veuille ou non changer le monde, il faut d’abord le comprendre. Or, le
simple énoncé des faits ne permet pas de comprendre. Comprendre, c’est d’abord saisir un sens, comprendre le sens de ce qui est. L’homme est un animal herméneutique. La compréhension est chez lui indissociable d’une interprétation, et donc d’une représentation. Pour que le monde devienne compréhensible, il faut qu’il nous soit représenté d’une certaine manière. Cette interprétation peut être convaincante ou non, elle peut ou non ouvrir des portes, mais elle est indispensable. Quand Heidegger dit que « la science ne pense pas », il ne veut pas dire que les chercheurs sont dépourvus de raison ou que l’activité scientifique ne demande pas d’effort de réflexion, mais qu’ils se bornent à énoncer ou découvrir des faits qu’il appartient à d’autres d’interpréter. Dans sa célèbre conférence « Que veut dire penser ? », Heidegger explique
qu’il y a quatre façons possibles de comprendre cette question : premièrement « que signifie penser ? », deuxièmement « que signifie penser dans la doctrine traditionnelle ? », troisièmement « quelles conditions doivent être réunies pour que nous pensions de manière adéquate ? » et quatrièmement « qu’est-ce qui nous appelle à penser ? »1 C’est évidemment la dernière qui est la plus importante, parce qu’en questionnant sur l’être de la pensée, elle questionne aussi sur l’être de l’homme. Qu’est-ce qui en l’homme appelle l’homme à penser ? Qu’est-ce qui requiert et convoque sa pensée ?…
Cliquez ici pour télécharger en pdf